Voeux de Nouvel An 2012 :S.E.Ali BONGO ONDIMBA aux diplomates accrédités à Libreville

 

 

Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Francophonie,

Monsieur le Doyen du Corps Diplomatique,

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et consulaires,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je vous souhaite la bienvenue à la Présidence de la République, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux au Corps diplomatique et consulaire accrédité au Gabon.

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour les propos très aimables et pour les vœux que vous avez bien voulu exprimer au nom de vos collègues à mon endroit, à l’endroit de la Première Dame du Gabon, Madame Sylvia BONGO ONDIMBA, de toute ma famille, des autorités de la République et du Peuple gabonais.

En retour, il me plait de former mes vœux les plus sincères de santé, de bonheur, de paix et de réussite pour vous-même, pour vos familles respectives, pour vos Chefs d’Etat et les Peuples que vous représentez.

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et Chefs de Postes consulaires,

Dès mon accession à la magistrature suprême, j’ai tenu à rendre audible et crédible la voix du Gabon sur la scène continentale et internationale. C’est dans ce sens que j’ai entrepris de défendre non seulement les intérêts du Gabon mais aussi ceux de l’Afrique sur les grandes questions majeures de notre temps.

Le Gabon a ainsi eu l’insigne honneur de faire entendre la voix de l’Afrique dans le concert des Nations, en sa qualité de Membre non Permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, dans un contexte marqué par de profondes mutations sur notre Continent.

Aussi, voudrais-je vous dire mon entière satisfaction d’avoir eu l’occasion de présenter dans toutes les Conférences, Sommets et Forums auxquels j’ai pris part, la vision du Gabon sur de nombreuses thématiques, notamment sur : La place des jeunes dans le développement du Continent ; Les changements climatiques et la préservation de la biodiversité ; La prévention du trafic des armes légères et de petit calibre en Afrique centrale ; La prévention des conflits, et le VIH SIDA.

L’opportunité qui m’a été donnée de présider de multiples séances du Conseil de Sécurité de l’ONU au cours de ces deux dernières années a particulièrement été mise à profit pour exprimer nos vues sur les grands enjeux internationaux de l’heure et favoriser un dialogue sur les questions d’intérêt commun.

Ainsi, j’ai présidé personnellement le débat de haut niveau sur la question du VIH/SIDA, en relevant l’impact de cette pandémie comme une menace à la paix et à la sécurité internationales, notamment lors des conflits armés.

Nos prises de position sur la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud ainsi que lors des crises ivoirienne, libyenne, yéménite et syrienne, émises en concertation avec d’autres Etats membres du Conseil de Sécurité, ont privilégié le respect de la volonté des peuples, la réconciliation nationale et l’apaisement au lieu de l’embrasement. Par ailleurs, le vœu que nous exprimons de voir la Palestine et Israël, Etats amis du Gabon, coexister dans des frontières sûres et reconnues, va dans le même sens.

En somme, la Présidencegabonaise du Conseil de Sécurité, en juin 2011, a été particulièrement intense, avec l’adoption de onze (11) Résolutions, deux (2) déclarations, et l’accomplissement de toutes les autres charges afférentes à notre mandat, y compris au niveau de l’Assemblée Générale des Nations Unies.
 C’est le lieu pour moi de remercier vos pays, pour le soutien constant et la franche collaboration que vous avez apportés au Gabon au cours de ce mandat. Lors des initiatives que le Gabon a prises, les cinq (5) Membres Permanents du Conseil de Sécurité ont joué un rôle déterminant et je leur en sais vivement gré.

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et Chefs de Postes consulaires

La fin de notre mandat actuel au Conseil de Sécurité ne signifie nullement une quelconque rupture de notre intérêt, ni de notre implication dans la recherche des solutions aux grands défis de l’heure en matière de paix et de sécurité internationales.

Bien au contraire, par ma voix, le Gabon entend poursuivre avec tous ses partenaires, son action et sa contribution au sein du Conseil Economique et Social de l’ONU (ECOSOC) pour le mandat de trois ans qui nous a été confié.

Nous continuerons par ailleurs à apporter notre concours, à l’ensemble de nos partenaires, sur les questions du développement durable, de la protection de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques dans le cadre des Sommets et des Forums internationaux.

Le Gabon nourrit de réels espoirs sur le Sommet Rio+20 de juin 2012 pour faire admettre la vision désormais largement partagée, qu’une économie verte est réalisable en Afrique, en dépit des effets de la crise économique et financière ainsi que les reculs constatés de l’aide au développement et de la solidarité internationale.
 Certes, je dois le reconnaître, les efforts du Gabon se sont concentrés sur les questions économiques, les questions de paix et de sécurité internationale ainsi que sur les problèmes environnementaux.

Cependant, notre pays n’a pas oublié de manifester à diverses occasions, le témoignage de sa pleine solidarité à l’endroit des peuples et des Etats éprouvés par des catastrophes au cours de ces années. C’est notamment le sens du message que j’ai envoyé au Japon et à la Cornede l’Afrique, qui ont connu des situations dramatiques aux conséquences incalculables.

C’est aussi le sens de la réponse que j’ai réservée aux appels à contributions volontaires lancés par l’UNESCO et l’Organisation de la Coopération Islamique en 2011.

Une diplomatie audible et crédible est également selon moi, une diplomatie de la responsabilité qui veille à accorder sa parole à ses actes. C’est pourquoi le Gabon a présenté tout dernièrement à Durban, à la 17ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, son Plan Climat.

C’est aussi dans ce sens que j’ai exposé, en septembre dernier, devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, les avancées enregistrées par le Gabon dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Ayant à l’esprit les engagements que la Communauté internationale a souscrits à Monterey, à Doha, à Gleeneagles, à Paris et à Accra, le Gabon plaide pour un nouveau partenariat en faveur du développement, soutenu par des financements innovants, afin d’assurer une croissance économique durable.

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et Chefs de Postes consulaires,

En vous recevant ce 03 janvier 2012 à la Présidence de la République, je ne souhaiterais pas revenir sur l’appel que je vous ai lancé, peu après ma prestation de serment en octobre 2009, vous invitant à accorder votre confiance à notre pays et à nous accompagner dans l’ambition qui est mienne de faire du Gabon un pays émergent.
 

Je disais à cette occasion que la politique de l’émergence vise à faire un bond en avant au travers de transformations structurelles et institutionnelles, en ayant pour objectifs :

•un taux de croissance à deux chiffres avec un revenu moyen qui permet à la population gabonaise de couvrir aisément ses besoins essentiels ;

•une industrialisation rapide et diversifiée ;

•un fort degré d’ouverture aux échanges extérieurs ;

•L’exploitation rationnelle de nos ressources et la préservation de l’environnement.

L’année 2012 ouvre des perspectives particulièrement prometteuses pour le Gabon. Tous les indicateurs économiques démontrent que nous poursuivrons notre chemin sur la voie d’une croissance qui bien négative en 2009 avec -1,4% est devenue positive en 2010 avec 6,6%, s’est poursuivie en 2011 avec 5% et est estimée à 5,6% en 2012.

A cet égard, vous n’avez pas manqué de noter que l’économie gabonaise a progressé vers plusieurs objectifs définis dans la stratégie nationale de développement, notamment dans les secteurs clés, tels que le bâtiment et les travaux publics et les secteurs non pétroliers.

L’évolution par paliers et objectifs devra nous conduire à asseoir les fondements que sont les infrastructures, le capital humain, le cadre des affaires, l’accès aux marchés et l’appui au secteur privé.

De même, les nombreuses réformes entreprises au plan politique, économique et social prennent forme.

Sur le plan politique, les effets induits de la consolidation de l’Etat de droit sont palpables. Le Gabon vient d’organiser des élections législatives dans le calme et en toute transparence.

Le dialogue que j’ai proposé aux acteurs politiques de manière inclusive, même s’il ne répond pas aux aspirations de tout un chacun et c’est le propre même de la démocratie, a eu le mérite de clarifier les règles du jeu démocratique et de rappeler la nécessité de respecter la loi dans un Etat de droit.

La modernisation de l’Administration gabonaise, avec comme objectif l’amélioration de la gouvernance administrative et l’efficacité de la dépense publique, est en marche. La lutte contre la corruption et l’assainissement du climat des affaires demeurent des priorités pour mon Gouvernement, notamment dans notre volonté d’attirer des investisseurs étrangers dans notre pays.

Les délocalisations de certains établissements de formation comme le toilettage de la loi sur la décentralisation que j’ai préconisé, entreront dans une phase décisive en 2012.

Au plan économique, les zones économiques spéciales, en cours de création, enregistrent actuellement l’intérêt de nombreux investisseurs. En inaugurant celle de Nkok le 9 septembre 2011, il vous souviendra que j’ai rappelé l’importance et le rôle que j’assigne aux missions diplomatiques accréditées à Libreville.

Celles-ci doivent susciter l’implantation des industries dans ces zones, où l’environnement des affaires et les avantages concédés permettent de faire prospérer des investissements à forte valeur ajoutée.

Les grands projets d’infrastructure de transport et en matière d’énergie avancent également à la grande satisfaction des populations gabonaises qui l’ont rappelé à l’occasion des récents Conseils des Ministres délocalisés tenus tout au long de cette année.
 Des partenariats dynamiques ont été signés. D’autres sont attendus de la part de tous les amis du Gabon. Je me réjouis dès lors, de la confiance renouvelée de nos partenaires traditionnels qui se tiennent aux côtés du Gabon pour soutenir notre programme d’action.

Je me félicite aussi, de l’arrivée de nouveaux partenaires issus de tous les continents qui nous ont fait l’honneur de croire en notre pays en faisant désormais du Gabon une destination prisée des investissements directs étrangers.

Ces avancées significatives reposent sur le socle d’une stabilité macro-économique illustrée par une croissance forte, des prix maitrisés et un taux de couverture de nos échanges favorable. Autrement dit, un cadre propice aux échanges et à la prospérité économique.
Dans cette perspective, je confirme que notre pays reste ouvert à tous ceux qui nourrissent les meilleures intensions et les meilleurs projets d’investissement et de développement.

Aussi, je vous invite à maintenir la vitalité de notre coopération en portant le message du Gabon dans les milieux d’affaires de vos pays respectifs, afin de les informer sur la profusion d’opportunités économiques qu’offre le Gabon dans les chapitres du Gabon Vert, du Gabon Industriel et du Gabon des Services à forte valeur ajoutée dont le développement appelle la contribution de tous sans exclusive.

De même, je vous convie à croire à notre engagement, maintes fois rappelé devant la communauté internationale, de garantir une gestion équilibrée de l’environnement, conciliant l’objectif de croissance économique et la préservation de la ressource au profit des générations futures et de l’humanité.

Enfin, le Gabon salue et appuie toute initiative visant à relancer la croissance mondiale et à limiter les effets pervers des pratiques spéculatives sur les économies du monde.

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et Chefs de Postes consulaires,

Un projet cher aux gabonais va se réaliser dans quelques jours. Il s’agit du déroulement de la Coupe d’Afrique des Nations de football organisée conjointement au Gabon et en Guinée Equatoriale.

Qu’elle que soit l’issue de cette compétition sportive majeure, je dois dire que la co-organisation de la CAN est la parfaite illustration de la coopération et de la solidarité qui doit exister entre deux Etats voisins.

Au-delà de la glorieuse incertitude du sport, il faut reconnaitre que cette compétition a mis en valeur ce que devrait être le bon voisinage, l’intégration régionale et la solidarité entre les peuples et les nations.

Je sais que vous partagez pleinement notre enthousiasme. C’est pourquoi, j’ai jugé opportun d’inviter les gabonais d’adoption et de cœur que vous êtes à assister à tous les matchs de l’équipe nationale du Gabon.

Un autre projet, d’une toute autre dimension, est la candidature de notre compatriote Mr. Jean PING à sa réélection à la tête de la Commission de l’Union Africaine.

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire à tous mes pairs africains ou d’exprimer de vive voix à certains d’entre eux au cours de nos rencontres, notre souhait de voir Mr. PING bénéficier d’un nouveau mandat.

Il va sans dire que l’actuel Président de la Commission de l’UA a l’entière confiance et le total soutien du Gabon. Son bilan, dans une période de fortes turbulences, plaide en sa faveur. Je ne doute pas que tous les pays frères africains sauront lui renouveler leur confiance et lui accorder leurs suffrages.

Je voudrais, pour terminer mon propos, vous rappeler mon attachement à promouvoir la coopération avec tous vos pays.

Les appuis multiformes que vos Etats et les Organisations internationales accordent au Gabon sont d’un intérêt croissant pour les populations gabonaises.

En retour, et je voudrais le souligner à nouveau, le Gabon s’est résolument engagé à maintenir et pérenniser la stabilité politique qui plaide pour sa confiance auprès de ses partenaires ; la consolidation de l’Etat de droit et la bonne gouvernance ; l’égal accès au service public sans lesquels le développement économique et les investissements étrangers ne sauraient exister.

Aussi, dans l’accomplissement de votre mission, vous devez pouvoir compter sur la collaboration du Gouvernement, des plus hautes autorités et du Peuple gabonais.

Croyez-moi, le Gabon a changé. Accompagnez-nous dans notre volonté de construire un monde meilleur pour nos compatriotes.

BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2012 !

Je vous remercie de votre attention.



FIN/INFOSGABON/MM/PK/2012

© Copyright Infos Gabon

© Copyright Infos Gabon

Visiter le site de: Infos Gabon