Le rôle positif des femmes enfin reconnu dans les conflits et les situations post-conflits.

Jeudi, 8 mars, 2012 - 12:00

Alors que les femmes ont pendant de nombreuses années été réduites à un rôle de victime collatérale des conflits armés, la vision de la communauté internationale à quelques peu changée depuis une dizaine d’année.A l’occasion de la JournéeInternationalede la Femme, qui se tient, comme tous  les  ans  , ce 8 mars, la Haut-commissairedes Nations Unies aux Droits de l’Homme a tenu à rappeler dans un communiqué l’importance du rôle joué par les femmes dans le processus de développement et de sortie de crise des pays. Cette déclaration de Navi PILLAY permet de faire le bilan de la perception des femmes dans les conflits et de revenir sur les mutations du combat féministe dans les espaces de conflit, entamé dans les années 1970.


Madame Navy PILLAY , Haut Commissaire des Nations Unies aux  Droits  de  l'Homme.

Conscient de la nécessité de défendre et d’impliquer les populations féminines en zone de conflit, le Conseil de sécurité des Nation unies a adopté en 2000 la résolution 1325 qui, d’après le Secrétaire général de l’ONU, « formule la promesse aux femmes du monde entier que leurs droits seront protégés et que les obstacles à leur égale et pleine participation au maintien et à la promotion d’une paix durable seront écartés. » La mise en application de ce texte se traduit par l’apparition de conseillers pour l’égalité des sexes dans les opérations de maintien de la paix à partir de 2005

L’influence positive des femmes dans les négociations de paix a été mise en avant par de nombreuses études. En Colombie, elles ont fourni de gros efforts pour renouer le dialogue rompu depuis 2002 et pour faire prendre conscience du coût humain du conflit. Au Sud-Soudan, elles ont été  parmi les acteurs majeurs d’un processus de paix qui a abouti à la signature de l’Accord général de paix du 9 janvier 2005. En Papouasie-Nouvelle-Guinée enfin, ce sont les femmes de trois tribus ennemies qui ont mis fin aux affrontements ethniques en négociant secrètement la paix, alors même que les lois tribales le leur interdisaient. 

Conséquence de cette implication croissante dans la résolution des conflits, les femmes obtiennent de plus en plus de postes politiques lors des élections post-conflit. Alors que la moyenne mondiale de participation féminine aux parlements nationaux est de 19.3% selon l’ONU, de nombreux pays sortants d’une opposition armée ont des taux bien supérieurs. C’est le cas du Rwanda qui, dès 2008, fut le premier Etat affichant une majorité de femmes au parlement, ou du Burundi qui a mis en place un taux minimal de 30% pour la représentation politique des femmes. Cependant, la Haut-commissairedes Nations Unies aux Droits de l’homme a rappelé que certains freins persistaient. Le rapport des Objectifs du Millénaire Pour le Développement souligne le manque de couverture médiatique dont souffrent de nombreuses candidates à des postes politiques, ainsi que la faible représentation des femmes à la tête des firmes internationales. 

Le dernier changement réside dans la perception des femmes en temps  de guerre. L’ONU a tenté depuis quelques années d’appliquer le concept d’égalité des sexes aux combattants. Alors que les combattantes ont longtemps porté le statut de simple « accompagnatrices dans les camps », elles sont aujourd’hui désignées comme « femmes associées aux forces combattantes ». Cette évolution se traduit par leur intégration aux processus de DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion) des Nations unies. Au Libéria elles représentaient 24% des effectifs mobilisés, 12% en Sierra Leone et 30% au sein du Front de libération du peuple érythréen


Sources : UNRIC, IPS, ONU FEMMES, UNESCO, ONU Report

7 mars

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