Présentation d’un Rapport sur l’Economie Marocaine (Maroc-BAD-MCC) : des progrès significatifs réalisés et de nombreux défis à relever !

Jeudi, 26 février, 2015 - 10:26

Réalisé par la Banque Africaine de Développement (BAD), à la demande du Royaume du Maroc et en collaboration avec le Millenium Challenge Corporation (MCC), le rapport «Diagnostic de croissance Maroc-BAD-MCC : analyse des contraintes à une croissance large et inclusive au Maroc», a été rendu public ce mercredi 25 février 2015 , à Rabat , en présence du chef du gouvernement marocain , Abdelilah BENKIRANE , de nombreux membres de son cabinet  et de Daniel KABERUKA , le Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement .

L'on notait une forte présence de membres du Gouvernement Marocain.

Plusieurs Chefs de Missions, et membres du corps diplomatique accrédités au Royaume du Maroc, prenaient  , également , part à ce cérémonial.

Selon ce rapport, qui a focalisé sur les contraintes à une croissance large et inclusive de l'économie marocaine, «le secteur privé est faiblement dynamique et manque d'entreprises de petite et moyenne taille» et le système d'enseignement et de formation du Maroc constitue «le maillon faible» dans le développement de son capital humain. L’analyse s’est basée sur une méthodologie ne tenant pas compte des dynamiques récentes de l’économie marocaine.

Intervenant en premier, S.E.M.Dwight L. BUSH  Ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, a réitéré l'engagement de son pays à soutenir les initiatives engagées par le Maroc, visant à booster l'emploi, à améliorer la croissance et à accélérer le développement tiré par le secteur privé.

Donald KABERUKA, Président de la BAD, a salué de son côté les performances socio-économiques dont a fait preuve le Maroc au cours de ces dernières années, malgré la crise internationale, relevant les défis auxquels fait face le Royaume, relatifs notamment à la qualité de l'enseignement, l'amélioration du climat des affaires et la stabilité des politiques économiques et financières.

Monsieur KABERUKA devait souligner  que « Le Maroc doit chercher des leviers de croissance non seulement sur le marché intérieur, mais également sur le marché régional africain et mondial».

Dernier intervenant  de cette première phase protocolaire, Abdelilah BENKIRANE le Chef du Gouvernement Marocain, a mis en relief les réformes structurelles engagées par le Royaume. Réformes visant le rétablissement des équilibres macroéconomiques, l'amélioration de la compétitivité économique et le renforcement de la cohésion sociale.

Passant à la phase explicative de ce rapport , Monsieur Vincent CASTEL de la BAD, dans une démonstration illustrative, a indiqué que le taux de scolarisation dans le secondaire et le supérieur restent faibles, malgré les énormes efforts entrepris par le gouvernement. Estimant que cette situation «impacte négativement le développement des secteurs dépendant de main d'œuvre qualifiée qui ont vu leurs valeurs ajoutées diminuer». 

Le rapport note, par ailleurs, que l'accès au foncier agricole et industriel, de plus en plus difficile, constitue une contrainte majeure au développement de l'investissement privé au Maroc, en raison de  la complexité du statut foncier et la diversité des règles de gestion des terrains.

Il est  également à relever que «le système fiscal ne permet pas une allocation efficiente des investissements, en dépit des efforts accomplis dans le sens de sa simplification et de la mise en place d'un système équitable, lisible et cohérent». 

Ce Diagnostic de croissance fait état de défaillances du marché en matière d'innovation et de coordination. Le  niveau de sophistication des exportations marocaines est faible compte tenu de son niveau de revenu par tête et les résultats en termes de transformation structurelle. 

La Représentante du Millenium Challenge Corporation (MCC), organisme américain ayant été associé à cette étude, partant des résultats obtenus, et sur la base des propositions faites par le gouvernement marocain et des discussions qui s'en suivies avec MCC, a redit la volonté commune de concentrer le second compact (2016-2021) autour d'un nombre limité de projets. Le Gouvernement Marocain et MCC sont déterminés à travailler sur le développement de deux programmes :

  1. l'amélioration de la qualité du capital humain,
  2. l’amélioration de la gouvernance et de la productivité du foncier. 

 

La partie consacrée aux questions et réponses aura permis à différents intervenants d’avoir davantage de précisions sur les différents points développés ou relevés par l’étude présentée.

S.E.M.Abdu Razzaq Guy KAMBOGO, Ambassadeur Haut Représentant de la République Gabonaise, ayant singulièrement mis le doigt sur un aspect fortement évoqué : la sempiternelle question de l’adéquation nécessaire entre la formation dispensée, les offres de formations disponibles, et les possibilités d’emplois. Le système éducatif et de la formation professionnelle est peu performant et ne permet pas, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif, de répondre aux besoins du secteur privé. Il a été particulièrement constaté qu’au niveau des dépenses publiques consacrées à l'éducation, le Maroc surpassait tous les pays comparables, avec une part de 24,8%, alors que les résultats de ces investissements restent faibles, essentiellement dans le secondaire et le supérieur.

La réalisation de ce  travail d’assistance technique réalisé par la BAD , entre 2013 et 2014 , à la demande du Gouvernement Marocain , à hauteur de 750.000 dollars sous forme de don , a fait l'objet d'un processus consultatif intense avec l'ensemble des ministères, le secteur privé, le monde académique et la société civile. Ainsi, plusieurs ateliers mobilisant plus de 200 participants ont été organisés dans ce cadre.  Une  méthodologie qui aura eu l'avantage d'identifier clairement les contraintes majeures à la promotion de l'investissement privé et mis l'accent sur les obstacles à surmonter en priorité dans le cadre d'une stratégie de développement plus efficace sur les moyens et longs termes.

Les résultats de cette analyse sont à intégrer  dans la stratégie d'intervention de la BAD au Maroc pour permettre à l'institution de mieux cibler les investissements et les assistances techniques et d'appuyer le processus de réformes dans les domaines prioritaires identifiés par le diagnostic. 

Le Gouvernement marocain entend déployer des caravanes explicatives à travers le territoire national pour permettre à l’ensemble de la population de s’approprier le contenu de ce rapport , et à ceux qui le souhaiteraient d’obtenir des informations encore un peu plus poussées .

PRESSE ET COMMUNICATION AHRRGM