Pour une exploitation responsable du patrimoine atlantique commun : forte implication du Gabon avec le Professeur Jean Delors BIYOGHE BI NTOUGOU !

Jeudi, 13 décembre, 2012 - 11:32

Participant au 2éme Forum International de la ville de Skhirat, au Maroc, sur l’Initiative pour une Communauté Atlantique, le Professeur Jean Delors BIYOGHE BI NTOUGOU, Politologue Gabonais, nous a accordé  un  long  entretien après son intervention, au cours de la 3éme Session de ces assises. Session intitulée: Pour une exploitation responsable du patrimoine atlantique commun.  Occasion aussi , d’en savoir davantage  sur  le  rôle  joué  par  le  Gabon  ,  lors  de  cette  Conférence Internationale .

Professeur  Jean Delors BIYOGHE BI NTOUGOU, quelle était la problématique soulevée par votre intervention ?

JDBN : Intervenant en dernière position, j’ai été obligé d’adapter ma contribution à l’évolution du débat, puisque tous ceux qui ont parlé avant moi ont abordé les points que j’avais préparé. J’ai ainsi fait remarquer à la suite de bon nombre de mes prédécesseurs que l’espace atlantique regorgeait de plusieurs opportunités de développement actuellement confrontées à trois  menaces majeures que sont :

  1. La sous – exploitation ;
  2. La mauvaise exploitation liée au manque de rationalisation et de gestion des ressources  axée sur le résultat ;
  3. Le développement de la criminalité organisée autour de ce patrimoine dont l’océan atlantique devient de plus en plus la plate tournante privilégiée.

J’ai indiqué par la suite que la jugulation de ces menaces et la rentabilisation des ressources de cet espace passait par une mutualisation des efforts et la création d’un nouvel espace de dialogue stratégique.

Quels sont les enjeux d’une telle entreprise ?

JDBN :Une telle entreprise passe par la définition d’une vision commune du développement et de la sécurisation de l’espace Atlantique, l’identification des acteurs  du développement ainsi que l’adoption des politiques communes de développement.

 

Quels solutions innovantes avez – vous proposées dans cette perspective ?

JDBN :La plupart des intervenants ont mis l’accent sur les Etats et les Communautés Economiques Régionales. Sur ces suggestions précises, j’ai relevé les problèmes qui se posaient au niveau de ces deux catégories d’acteurs, car beaucoup d’entre eux ont du mal à faire face aux difficultés de développement économiques auxquelles ils sont confrontés et qui les concernent directement. Il en est de même des autres vulnérabilités et fragilités internes que sont les échecs des processus démocratiques, la rupture

du dialogue social, le développement des mouvements de contestation liés au chômage et aux difficultés de gouvernance, l’expansion des maladies et pandémies hautement meurtrières, la non maîtrise de l’explosion démographique etc. J’ai indiqué à cet effet qu’il était important de renforcer les capacités des Etats et des CER en matière de lutte contre toutes ces menaces.

Un autre aspect innovant, j’ai indiqué que la mise en place d’une vision commune de la gouvernance de l’espace atlantique devait nécessairement suivre les transformations en cours presque partout en Afrique des systèmes de gouvernance, avec notamment le processus de décentralisation qui donne un rôle de plus en plus important aux collectivités locales, d’où la nécessité d’accorder une place importante à celles d’entre elles qui sont directement concernées par la question. Skhirat en est une illustration parfaite. Cette proposition est loin d’être négligeable puisque la coopération internationale tend à se décentralisée elle aussi, tant au niveau thématique que territorial. Le Programme ART GOLD en est un exemple. L’Union européenne tend également à épouser ce nouveau paradigme.

J’ai enfin proposé de commencer par des conventions de partenariats sectoriels et thématiques entre les pays ayant en partage l’espace atlantique.

Que peut faire le Gabon , de manière concrète ?

JDBN :Le Gabon occupe une place stratégique, tant par sa position géostratégique que par ses richesses. Il dispose de plusieurs atouts pour jouer un rôle catalyseur dans cette initiative, il lui suffit simplement de s’approprier la mise en œuvre de certains points de la DECLARATION DE SKHIRAT. J’ai déjà plusieurs idées en tête en tant qu’expert allant dans ce sens. Au Gabon, on peut trouver d’autres experts capables de faire des propositions concrètes pouvant venir du Gabon, mais il faut une réelle volonté politique de nos gouvernants.

Une fois au Gabon, il me revient à moi, malgré mon emploi du temps hyper – compliqué de sensibiliser les politiques : le Président de la République, le Ministre des Affaires étrangères, le Ministre de l’économie, le Ministre de l’intérieur, pour ne citer que ceux – là, avec des propositions d’intervention concrètes. Mais la partie est loin d’être gagnée pour moi puisqu’il est difficile de les voir, mais je ferai de mon mieux.

Personnellement , qu'est-ce que vous retirez de ce Forulm International  ?

JDBN :J’ai beaucoup appris, comme partout où je vais comme consultant international, j’ai aussi rencontré de grandes personnalités avec qui je resterai en contact. J’ai eu beaucoup d’attention de la part de plusieurs d’entre eux car j’étais un peu le benjamin de la rencontre. Mes différentes interventions ont attiré certains projecteurs sur moi. Je totalise déjà cinq invitations.

FSNB / JCB