Le Ministre Régis IMMONGAULT TATAGANI présente un instantané du Gabon minier en Australie et l'avenir du gisement de fer de BELINGA !

Lundi, 16 septembre, 2013 - 09:22

De retour l’édition 2013 de l’AFRICA DOWN UNDER CONFERENCE  , le fameux rendez-vous des Ministres africains des Mines, qui se tient , en Australie ,  Monsieur Régis IMMONGAULT TATAGANI ,  Ministre Gabonais de l’Industrie et des Mines, amené à présenter la situation actuelle du Gabon minier, affirme dans ce condensé d’entretien accordé au site en ligne CABONREVIEW , qu’en ce qui concerne notamment l'exploitation du  gisement de fer de BELINGA , «le Gabon veut être maître de son destin».

''En ce qui concerne le gisement de Belinga, lorsque le chef de l’Etat est arrivé au pouvoir, il avait décidé de réorienter différemment le projet. Ce n’était pas une remise en cause brutale de l’accord signé avec les Chinois ; mais un constat fait, montrait qu’après la signature dudit contrat, rien n’avait été fait. Aucune étude complémentaire pour valoriser le gisement. Or, dans le modèle qui avait été arrêté, l’Etat gabonais n’était pas dans une situation de partenariat gagnant-gagnant. C’est donc pour cette raison qu’on a préféré recadrer les choses. Mais pour ce faire, il serait souhaitable d’avoir une connaissance complète de ce gisement, ce qui a notamment poussé le Président de la République à demander une évaluation complète du site pour, à terme, lancer un appel d’offre international. Nous avons donc sélectionné le Cabinet britannique SRK, leader mondial d’ingénierie, avec qui nous avons signé un contrat. En dépit des conditions climatiques particulièrement difficiles pour ce genre de travaux, le cabinet SRK démarrera bientôt son étude, et les travaux devraient durer 18 mois. Ce qui ne signifie pas que l’Etat est dans l’incapacité de prendre d’autres décisions avant ces 18 mois.

Au fur et à mesure que ces travaux vont se dérouler, au même moment nous avons lancé avec l’ANGT (Agence nationale des grands travaux, ndlr) l’option d’infrastructure. Parce que le fer, il faut le produire, mais il est aussi important de savoir comment l’évacuer. Le Gabon est dans une sous-région où il y a du fer à côté… au Congo, au Cameroun, et tous ces gisements sont situés aux alentours de l’Ogooué-Ivindo. Nous pensons que le cadre de l’option d’infrastructure, il serait souhaitable de voir comment intégrer ces autres gisements puisque certains opérateurs intéressés par ces gisements discutent avec notre pays en vue de voir comment évacuer une partie de leurs minerais vers le Gabon. C’est donc pour cette raison que nous sommes en train d’accélérer les travaux, notamment au niveau de l’ANGT, pour voir quel est le schéma à retenir dans le cadre du chemin de fer, puisque, partant de Belinga pour Booué, faudrait-il évacuer le minerais vers Libreville ou plutôt vers Port-Gentil ? Je ne vous dirais pas quelle option a été retenue, mais c’est le chef de l’Etat qui va valider.  On a déjà un schéma quasiment cerné à ce niveau : pour le chemin de fer, le port et l’énergie électrique.

Les travaux d’évaluation se font. Lorsque nous aurons des données permettant d’avoir une connaissance plus complète de ce potentiel, remarquable il faut le dire, puisque c’est un méga gisement de fer avec d’autres ressources sur place, nous arrêterons la stratégie : faudrait-il le céder à un opérateur ou plutôt à plusieurs opérateurs ? Nous ne le savons pas encore. Mais nous avons signifié à tous les opérateurs qui nous ont contactés que le Gabon veut être maître de son destin en ce qui concerne le gisement de Belinga. Et d’ici peu, il y aura un tour de table pour que le Gabon puisse choisir avec qui ce gisement sera exploité tout en intégrant la nouvelle vision économique du pays. C’est-à-dire qu’une partie de ce minerai sera transformé sur le plan local avant d’être exporté afin de renforcer la valeur ajoutée au niveau de l’économie.

Au moment où l’on parle d’intégration sous-régionale, ne serait-il pas mieux d’entrer dans un consortium pour une conjonction de moyens ?

C’est bien d’une conjonction de moyens qu’il s’agit à ce niveau, il faut voir les options. Il faut surtout choisir le schéma le plus compétitif. Je peux vous dire que l’option que nous sommes en train d’arrêter aujourd’hui, est une option viable pour l’exportation des minerais au Gabon : à la fois pour les opérateurs de fer, parce qu’il y en a plein dans la zone de l’Ogooué-Ivindo : en dehors de Belinga, il y a d’autres gisements aux alentours, il y a d’autres opérateurs, australiens d’ailleurs, qui sont en phase de recherche, tels que Orata, Ivanhoe, par exemple. Aujourd’hui, il n’y a pas de miracle, il faut regarder la viabilité économique du projet. Voilà pourquoi dans l’option que l’Etat gabonais est en train d’arrêter pour l’évacuation du gisement de Belinga, nous prenons tout cela en considération.

Mais l’Afrique centrale a l’opportunité de renforcer son intégration économique à partir de l’exploitation du fer. Vous avez donc raison, mais il faut pour cela s’asseoir autour d’une table pour voir quel est le meilleur schéma. Dans ce domaine, le chef de l’Etat est ouvert. Une exploitation conjointe, en essayant de grouper les moyens permettrait, en effet d’avoir un effet levier intéressant sur la rentabilité de ces différents gisements, d’autant plus que le coût d’infrastructure est considérable.

Cette intégration par le fer est à encourager. Nous ne sommes pas fermés à ce niveau. Le mois prochain, à Brazzaville, se tiendra d’ailleurs une conférence minière au cours de laquelle ce volet de l’exploitation du fer sera abord, tout comme le volet infrastructure, et le Gabon s’y rendra avec la présentation d’un schéma représentatif de la vision du chef de l’Etat dans ce domaine. Les autres pays peuvent donc s’intégrer dans le cadre de cette vision, notamment dans le cadre d’une exploitation partagée de ce volet infrastructure, en qui ce concerne le chemin de fer, le port et tout le reste.

Synthèse : FSNB / JCB

Source : GABONREVIEW