Message à la Nation du Chef de l’Etat, Ali BONGO ONDIMBA !

Vendredi, 17 août, 2012 - 11:55

Le Chef de l’Etat Gabonais, Ali Bongo Ondimba, s’est adressé au peuple gabonais, à la faveur du traditionnel message à la Nation prononcé la veille des festivités marquant la célébration de l’accession du Gabon à la souveraineté internationale. Cette année, le Gabon fête ses 52 ans d’indépendance.

MES CHERS COMPATRIOTES,

Les traditions républicaines de notre pays m’amènent une nouvelle fois, à la veille du 17 août, date gravée dans notre histoire et dans notre conscience collective, à m’adresser à vous.

Cette occasion solennelle de célébration de l’anniversaire de l’indépendance de notre cher pays, est aussi un moment fort du devoir de mémoire, d’introspection et de projection vers l’avenir. Un avenir que nous voulons serein, sécurisant et radieux pour chaque Gabonaise et pour chaque Gabonais.

Les pères fondateurs de notre Nation, spirituellement associés au génie de tous ceux qui, anonymes ou personnalités publiques, sportifs, artistes, hommes de lettres et de culture, ont contribué au rayonnement de notre pays, et posé les jalons essentiels de son devenir en conférant à notre cher Gabon ses lettres de noblesse, sa réputation vantée et bien réelle de havre de paix, de stabilité et d’opportunités.

Il nous appartient à nous tous de consolider et de perpétuer ces acquis et prérequis sans lesquels il n’y a pas de progrès soutenu ni de développement durable.

Nous devons nous atteler, chacun à son niveau et dans son rôle, avec une pleine conscience de nos défis et responsabilités dans un monde de compétition exacerbée, où chaque peuple, chaque nation doit s’inventer un avenir et s’assumer de plus en plus et de mieux en mieux.

Notre jeune compatriote, Anthony OBAME, vient de nous en offrir la plus belle des illustrations en remportant la première médaille olympique de notre histoire, remplissant nos cœurs de joie et de fierté.

MES CHERS COMPATRIOTES

Quelle coïncidence et quelle occasion plus belle et propice que ce couronnement de l’effort et la fête de l’Indépendance pour nous interroger, tous ensemble, sur notre relation personnelle avec notre pays, notre volonté et notre devoir de l’honorer, notre manière d’être les uns avec les autres, en privilégiant tout ce qui nous unit au delà de nos particularismes et individualités ?

Etre gabonais aujourd’hui c’est avoir pleine conscience d’appartenir à une grande nation. Oui, mes chers compatriotes, le Gabon en pleine construction doit être grand dans notre cœur. Le Gabon doit être fort de ses richesses naturelles, de son identité plurielle, de sa culture rayonnante. Une nation dont le ciment essentiel est et doit rester l’amour de notre pays, le culte de notre patrie.

Comme toutes les grandes nations qui attirent l’intérêt, le Gabon est à la fois un exemple d’enracinement, d’ouverture et d’intégration.

C’est pourquoi notre pays doit assumer sa démographie diversifiée. Notre pays doit œuvrer en toutes circonstances en faveur d’une cohésion nationale plus accrue. Notre pays doit combattre l’ethnocentrisme, le tribalisme, la haine de l’autre. Toutes choses qui, sous d’autres cieux, ont conduit à des catastrophes innommables.

Le spectacle désolant de peuples en conflit, tourmentés, déchiquetés, décimés et en perdition doit, si besoin en était encore, nous en convaincre.

Ce qui nous unit en tant que Gabonais est autrement plus fort que tout ce qui est utilisé comme ferment de la division, de la dispersion, de l’effritement social et qui ne peut avoir comme finalité et résultat que l’instabilité et la régression.

Je suis convaincu que telles ne sont pas les options du peuple Gabonais.

MES CHERS COMPATRIOTES

Nous devons tous être fiers de raconter l’histoire de notre pays, aux générations présentes et futures ainsi qu’au monde entier car elle est belle, notre histoire. Elle est franche et vraie. Elle est faite du partage de valeurs communes au centre desquelles la solidarité.

C’est cette solidarité agissante qui nous permet de tendre la main à l’autre, de ne pas demeurer insensible à sa détresse.

C’est fort d’une telle valeur que nous avons pu bâtir une nation et un Etat.

MES CHERS COMPATRIOTES

Tout ce que nous faisons, tout ce que nous réalisons est pour le bien des Gabonaises et des Gabonais.

Mais chacun de nous prend-il ses responsabilités dans notre chaîne de solidarité, avec la volonté d’être des acteurs conscients de leurs devoirs envers nos compatriotes ?

Comment expliquer en effet des situations analogues à celle d’un patient qui, muni de sa carte CNAMGS, arrive dans un hôpital nouvellement construit ou rénové, avec une garantie de financement et que les personnels qui doivent le prendre en charge, le poussent comme tant d’autres Gabonais vers une clinique privée ?

Comment expliquer que dans certains cas, le compatriote muni de sa carte CNAMGS, soit obligé d’attendre plusieurs heures parce que les personnels privilégient ceux des patients qui doivent payer cash leurs frais médicaux ?

Les exemples similaires peuvent se multiplier dans chacune de nos administrations et institutions.

Encore une fois, sans les citoyens, il n’y a pas d’administration et toutes les réformes doivent s’inscrire dans la perspective d’une meilleure qualité de services à rendre aux citoyens, par ailleurs contribuables.

Nous devons garantir l’impartialité de notre administration, seul gage de son utilité, de son efficacité et de sa performance.

Chacun doit prendre la pleine mesure de ses responsabilités et conscience de sa contribution à l’avancement de notre pays dans l’intérêt général et le bien de tous.

Nous avons, particulièrement nous, la classe dirigeante qui a succédé aux Pères fondateurs, et qui connaît le rôle qu’elle a joué dans notre histoire récente, un devoir d’humilité et de mesure, de responsabilité et de générosité.

Nous nous devons d’assumer notre passé individuel et collectif, et nous inscrire exclusivement dans une logique de restitution à la Nation de ce qu’elle a pu donner à chacun d’entre nous.

Grâce à nos efforts inlassables, notre pays a désormais un faible taux d’endettement qui lui permet de soutenir une forte croissance, située aujourd’hui à 6,5%.

Nos compatriotes les plus fragilisés et démunis, celles et ceux de moyenne condition, ont le droit de voir et de bénéficier des fruits de cet effort collectif et des changements de vie qu’ils méritent et espèrent.

Les réformes entamées doivent se poursuivre, s’accélérer et produire tout leur impact positif sur la vie des uns et des autres.

Le coût de la vie doit être maitrisé de sorte à assurer un mieux-être à chacun. Les prix de denrées de première nécessité, des matériaux de construction, de diverses commodités doivent être régulés, revus à la baisse dans certains cas pour répondre à la demande sociale, augmenter le pouvoir d’achat des foyers, relancer la consommation intérieure et réduire ainsi la pauvreté.

L’année dernière, j’avais évoqué les pratiques scandaleuses de commerçants véreux. Ils s’y ajoutent les pressions injustes et insoutenables de certaines administrations publiques sur le secteur privé, grevant ainsi la structure des prix.

Le peuple Gabonais par ma voix, demande au Gouvernement plus d’efficacité pour régler en urgence cette situation et éradiquer ces pratiques qui, en définitive, pénalisent le citoyen, le consommateur Gabonais.

Les chantiers en cours sont nombreux et à ciel ouvert, les réformes multiples et leurs effets sont de plus en plus perceptibles.

Nul besoin de décliner dans les moindres détails l'état d'avancement des grands chantiers concernant la route, la santé, l'éducation, l'énergie, la protection de l'environnement, l'industrie, la réforme de l’Etat, l’amélioration du cadre des affaires, de la gouvernance et surtout l’habitat.

Pas un seul secteur contribuant au bien-être social des Gabonais n’est laissé en marge.

Pas une seule parcelle du territoire national n’est en marge de ce processus global. Les résultats sont déjà visibles et les efforts dans ce sens vont se poursuivre.

MES CHERS COMPATRIOTES

Lorsqu’il s’agit d’offrir davantage d’opportunités à nos concitoyens par la réalisation de projets d’envergure sur l’ensemble du territoire national, aucune polémique ni résistance ne saurait faire renoncer l’Etat à les conduire à terme, au profit exclusif des Gabonaises et des Gabonais.

J’ai de très fortes et grandes ambitions pour notre pays.

Nous devons avancer ensemble sur la voie de leur réalisation.

Ces ambitions n’ont rien de personnel.

Mon unique préoccupation est le bien être des Gabonais et le développement de notre pays.

MES CHERS COMPATRIOTES

La santé et la protection sociale sont, comme vous le savez, au cœur de mon projet de société. L’accès aux soins de qualité pour tous, la bonne gestion des prestations sociales et l’amélioration du niveau de vie de tous les Gabonais sont constamment au centre de mes préoccupations.

En matière d’habitat et pour surmonter la forte demande de logements au Gabon et les retards constatés, il se met en place un nouveau régime de développement de villes nouvelles axé sur des schémas directeurs d’aménagement urbains, prenant en compte une gamme d’options de logements pour tous les niveaux de revenus, ainsi que des hôpitaux et bâtiments publics, des routes, des écoles, des espaces verts et des commerces.

Dans les domaines de l’éducation et de l’enseignement professionnel, les réformes engagées ces dernières années portent leurs fruits avec l’adoption depuis décembre 2011 de la loi portant orientation générale de l’éducation nationale.

Ils s’y ajoutent la réhabilitation et la construction de diverses infrastructures : lycées, universités et écoles supérieures.

La réforme en profondeur du système d’attribution des bourses pour une gestion plus transparente, respectueuse de l’égalité des chances permettra de plus en plus une meilleure adéquation entre l’orientation et l’offre d’emploi.

MES CHERS COMPATRIOTES

Je vous ai toujours tenu le langage de la sincérité.

La réalisation de nos ambitions est à notre portée.

Notre pays a besoin de nos énergies convergentes, de nos intelligences, de notre savoir-faire et de notre mobilisation pour renforcer et concrétiser les projets qui s’intègrent dans notre processus de développement.

Nous avons, tous ensemble, de bonnes raisons d’espérer et d’agir, d’innover et d’impulser des énergies nouvelles, de vivre et de faire progresser notre pays avec la bénédiction du Tout Puissant.

Nos équipes nationales de football, les Panthères lors de la CAN 2012 et plus récemment les Panthéreaux lors des Jeux Olympiques, ont illustré notre volonté d’agir et notre capacité à accéder au plus haut niveau, offrir au monde les plus belles images de notre pays et de son peuple.

C’est l’occasion pour moi de rendre hommage à notre jeunesse. Je voudrais lui dire que le lendemain, c’est elle. Qu’elle prenne aujourd’hui conscience que c’est pour elle que nous nous engageons et c’est avec elle que nous réussirons.

Je voudrais demander à cette jeunesse de construire sereinement et dignement son avenir, et de ne laisser personne le lui voler, ni l’utiliser à des fins politiciennes.

MES CHERS COMPATRIOTES

Dans son célèbre discours du 02 décembre 2007, Omar BONGO ONDIMBA, mon illustre prédécesseur disait, je cite :

Depuis 1990, nous consacrons beaucoup trop de temps à la politique. Cette étape était nécessaire dans le renforcement du processus de construction nationale. Nous avions besoin de discuter, de nous disputer parfois. Nous avions besoin de nous comprendre pour mieux nous accepter dans nos différences. Désormais, trêve de joutes politiciennes. Que la classe politique gabonaise cesse de se parler à elle-même et pour elle-même. Que la classe politique parle du pays et pour le pays qu’elle doit servir. Que la classe politique parle du peuple et pour le peuple qu’elle doit représenter.” Fin de citation.

MES CHERS COMPATRIOTES

Depuis bientôt trois ans, nous nous sommes engagés dans des efforts inlassables pour développer notre pays, attirer des investisseurs nouveaux et transformer notre économie, afin qu’à l’image des autres pays du monde et d’Afrique, qui ne sont pas plus nantis que nous, nous puissions contribuer à rendre nos concitoyens plus heureux.

Oui, les Gabonaises et les Gabonais ont le droit d’être heureux dans leur pays. Ils ont le droit de vivre dans un environnement dont ils puissent être fiers pour eux-mêmes et pour leurs enfants.

C’est à cette fin qu’ils m’ont porté à la tête de l’Etat.

Je ne vais pas laisser notre pays entre les mains de ceux qui, après avoir été aux affaires et s’être illustrés par la trahison, la manipulation, l’enrichissement personnel, l’intolérance et le mépris des populations, veulent aujourd’hui casser et détruire le Gabon.

La responsabilité qui m’incombe est de ne pas laisser ceux qui appellent à la violence et à la haine ethnique briser notre vivre ensemble.

Je ne vais pas laisser la chienlit s’installer au Gabon.

Force doit rester à la loi, et force restera à la loi !

GABONAISES, GABONAIS

Nous sommes du Nord ou du Sud, nous sommes Gabonais avant tout !

Nous sommes de l'Est, de l'Ouest ou du Centre, nous sommes Gabonais avant tout !

Le Gabon, c'est ce qui nous unit, c'est ce qui nous fait.

Nous n’avons pas un pays de rechange.

Gabonais nous sommes, Gabonais nous resterons !

Excellente fête de l’Indépendance à tous et à chacun.

Que Dieu bénisse notre pays.

Vive la République !