Intervention du Président de la République Gabonaise , à l'occasion de la plénière "ECONOMIE SOLIDE ET DURABLE", TICAD V 2013 !

Samedi, 1 juin, 2013 - 13:41
Le Président de la République Gabonaise , S.E.M. Ali BONGO ONDIMBA  , est intervenu , ce Samedi 1er Juin 2013 , au Japon , à l'occasion d'une plénière sous le thème fondamental de la TICAD V "Économie Solide et Durable". Une plénière qui portait  sur trois(3) points :
 
  1. L'accroissement du commerce et les investissements entre les pays d'Afrique et le reste du monde.
  2. Le partenariat public-privé, pour développer les infrastructures physiques et les ressources humaines afin d'accélérer la science et la technologie.
  3. L'accroissement de la productivité, de la production agricole et agroalimentaire, en tant que base pour une croissance durable.
 
Voici l'intégralité del'allocution du Chef de l'Etat gabonais 
 
 
Monsieur le Premier Ministre du Japon,Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,Mesdames et Messieurs,
 
Lorsqu’en 1993, l’Empire du Japon lançait pour la première fois son initiative pour rechercher, en partenariat, avec les Africains les voies et moyens d’accélérer le développement économique, social et humain de l’Afrique, 
il s’inscrivait en précurseur pour relever le défi de ce 21ème siècle pour l’Humanité toute entière « sortir le continent africain du sous-développement ».
 
En effet, vingt ans  après, cette problématique, toujours d’actualité, semble raisonner comme un doute dans notre capacité collective à faire sortir le continent africain de la pauvreté, comme une impuissance dont la conséquence est de faire reculer  les frontières de la prospérité à laquelle nos peuples, nos pays respectifs aspirent de manière légitime.
 
Oui de manière légitime, car, la pauvreté endémique de l’Afrique ne repose sur aucune justification logique :
 
-  Tous les pays, tous les continents recherchent la croissance économique : l’Afrique possède aujourd’hui le plus fort taux de croissance économique de la planète ;
 
-  Tous les pays luttent contre le vieillissement de leur population : l’Afrique possède aujourd’hui la population la plus jeune au monde : près de la moitié des jeunes africains  a moins de 15 ans ;
 
-  De plus, les richesses du continent africain sont nombreuses et immenses. Rien ne lui manque, quelques fois, les choses peuvent même sembler démesurées.
 
Dans ce contexte, que pouvons-nous , que devons-nous  faire ensemble ?
 
Ce sont ces questions qui s’imposent à tous ceux qui veulent agir aux côtés de l’Afrique et avec les Africains pour que notre continent emprunte le chemin de la prospérité et tourne résolument et définitivement le dos à la pauvreté.
 
Nous devons y répondre avec audace. L’ère de l’afro-pessimisme et de l’impuissance doit être révolue pour laisser la place à l’émergence d’une pensée nouvelle et inventive, à même de placer le continent africain sur la rampe de lancement d’un développement économique et social équitable, propre et durable.
 
Pour ce faire, l’Afrique doit, la première, moderniser ses systèmes de gouvernance pour se donner les moyens de résoudre ses problèmes nationaux dans un monde de plus en plus interdépendant et en rapide évolution,
dans lequel la dimension nationale se fond de plus en plus dans le système global, comme le montre le concept de « bien commun de l’Humanité ».
 
Mesdames et Messieurs,
 
Développer l’économie africaine, c’est l’arrimer de manière définitive au progrès technique. Le monde de l’économie doit se fixer des règles plus justes et plus équitables pour assurer le transfert de technologies. C’est pourquoi, je vous propose de prendre, ici et maintenant, l’engagement de faire de l’année 2020, la date après laquelle plus aucune matière première issue du continent africain ne serait exportée sans avoir, au préalable, réalisé une première transformation sur le sol africain. Ce nécessaire changement de paradigme est à notre portée.
 
Au-delà, Il s’agira aussi d’utiliser de manière plus rationnelle et plus durable les ressources naturelles du continent.
 
- Concilier les  intérêts privés et collectifs
 
Il s’agit dans ce cas d’intégrer dans tous les projets soumis aux investissements directs étrangers, un projet de développement d’infrastructures à caractère social, particulièrement dans le domaine de la santé et de l’éducation. Assurer ainsi le mieux-être des populations permet de prévenir les mouvements de contestation sociale à même de porter atteinte à la viabilité économique et à la profitabilité des firmes transnationales. Relever ce défi, c’est assurer la pleine et entière intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale et garantir son accès aux savoirs technologiques et industriels.
 
C’est aussi une occasion supplémentaire de permettre à l’Afrique de contribuer activement à l’effort mondial de lutte contre les conséquences du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité, de la désertification des terres, du braconnage des espèces en danger.
 
Mesdames et Messieurs,
 
C’est aussi donner à l’Afrique les moyens de mieux éduquer et former sa jeunesse pour lutter contre le chômage des jeunes, devenu un fléau planétaire. Le défi du développement économique durable, c’est aussi le moyen le plus sûr de lutter contre l’instabilité et le terrorisme, fléau qui s’invite de plus en plus sur notre continent.
 
Le Monde ne se fera pas sans l’Afrique, le Monde ne sera pas en paix sans une Afrique stable, le Monde ne sera pas épanoui sans une Afrique prospère.
 
Je vous remercie